Anri Sala

né en 1974 à Tirana (Albanie)
vit et travaille à Berlin (Allemagne)

Originaire de Tirana en Albanie, Anri Sala appartient à la dernière génération d’artistes ayant grandi sous le régime communiste d’Enver Hoxha. Peu de temps après la chute de celui-ci, il rentre à l’Académie des arts de sa ville natale (entre 1992 et 1996) puis décide de se rendre en France afin d’étudier à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, à Paris (1996-1998) et au Studio Le Fresnoy, à Tourcoing (1998-2000). Son travail a eu les honneurs de nombreuses et prestigieuses expositions monographiques comme à la Kunsthalle Wien (2003), le Contemporary Arts Center de Cincinnati (2008-2009), et dernièrement à la Serpentine Gallery de Londres et au Centre Pompidou (2011-2012). Il a été aussi vu dans de nombreuses Biennales, comme celle de Berlin (2001, 2006), de Moscou (2007), de São Paulo (2002, 2010) et de Venise (1999, 2001, 2003), ce dernier événement pour lequel Anri Sala a par ailleurs été désigné pour représenter la France lors de sa 55e édition en 2013.

Anri Sala se tourne très rapidement vers la vidéo comme médium privilégié, et ses premières œuvres, proches d’une méthode documentaire, sont fortement marquées par son pays et son histoire, celle de l’idéologie qui le dominait alors, et par les moyens d’en retrouver la mémoire. Ainsi, dans sa vidéo Intervista (1998), l’artiste retrouve au hasard d’un déménagement un vieux film de propagande sur l’Albanie de la fin des années soixante-dix dans lequel sa mère est interviewée. Le son de la bande ayant été perdu, l’artiste part à sa recherche en réinterrogeant les protagonistes du film, tente de retranscrire cette parole disparue à l’aide de sourds-muets, d’y confronter ses propres souvenirs afin de prendre la mesure des transformations politiques et sociales survenues en Albanie. Dans sa célèbre vidéo Dammi i colori (2003), il effectue un trajet en voiture dans les rues de Tirana avec le maire de la ville Edi Rama, à l’origine d’un programme aux accents utopiques d’embellissement de sa ville. L’artiste filme de nuit ces façades repeintes dans des couleurs vives, donnant à ses images les allures d’une ballade fantasmagorique. À partir de 2005, la musique et le son se substituent progressivement au langage pour devenir les éléments narratifs et primordiaux d’une œuvre empruntant désormais davantage au registre de la fiction. Dans Long Sorrow (2005), il invite le saxophoniste « free jazz » Jemeel Moondoc à performer une longue improvisation inspirée par les sons environnants sur le toit d’un immeuble berlinois jadis porteur d’espoirs progressistes. The Clash (2010) et 1395 Days Without Red (2011) sont deux vidéos plus récentes qui témoignent encore de l’importance de la musique et de l’attention particulière que porte l’artiste à l’architecture. La première se déroule dans la salle de concert désaffectée d’un bâtiment moderniste à Bordeaux où le groupe The Clash s’était produit, et dans la seconde, l’artiste filme une femme qui déambule dans Sarajevo au moment du siège de la ville de 1992 à 1995 en fredonnant la symphonie n°6 « pathétique » de Tchaïkovski.
Cette conception symphonique de l’objet d’art, l’artiste la reconduit dans ses expositions, pensées comme des œuvres en soi et dont il écrit le scénario à la manière d’une partition, resserrant encore les liens qui unissent, chez lui, l’image et le son.

La collection

Anri Sala

Nocturnes

1999

La collection

Anri Sala

→ consulter les œuvres
de la collection en ligne
IAC → Anri Sala ← Artistes
i-ac.eu/fr/artistes/535_anri-sala
imprimé le 25 mai 2019 [19:01] depuis l'adresse IP : 54.91.41.87
© Institut d’art contemporain 2019