Erró (Gudmundur Gudmundsson, dit)

Né en 1932 à Olafsvik (Islande)
Vit et travaille à Paris

Après des études à l’Académie d’Art de Reykjavik, puis la pratique de la fresque à l’Académie d’Art d’Oslo, Erró quitte dès 1953 son Islande natale pour aller découvrir Cuba, Israël, la Palestine, l’Italie, la Chine, l’U.R.S.S., l’Espagne, la Thaïlande, l’Allemagne et les États-Unis. Il arrive à Paris en 1958 et se fait connaître dans le milieu de l’art en réalisant des performances avec Jean-Jacques Lebel. Il habite alors du côté de la place Maubert, où se trouvent des dépôts de vieux journaux, qu’il mettra à profit pour réaliser ses premiers collages. Proche des artistes de la Figuration narrative, il participe à la deuxième grande exposition de ce mouvement, organisée en 1965 à Paris. Erró partage avec les artistes de la Figuration narrative la volonté de ne pas se cantonner à des problèmes picturaux, mais de considérer le monde contemporain et de représenter ses bouleversements par des changements esthétiques. Comme les autres artistes, il reprend donc certains aspects du pop art américain, mais en y ajoutant une dimension critique.
Ses collages mettent en relation des images d’objets de consommation courante, des personnages de Comics ou des caricatures d’hommes politiques. Mélange d’imagerie populaire et de références picturales inattendues, notamment à Picasso ou aux surréalistes, l’œuvre d’Erró est surtout impressionnante par sa capacité à rassembler, compiler et réutiliser des centaines de milliers d’images différentes, issues de magazines, journaux, affiches ou toutes sortes de supports. L’artiste réalise ensuite un collage avec les images retenues. Enfin, il copie ce collage sur toile en l’agrandissant, à l’aide d’un épiscope. Les collages peuvent rassembler plusieurs milliers d’éléments différents.
« Prédateur d’images », « archiviste du réel », « ogre »… Erró le dit lui-même :     « J’éprouve un vif plaisir devant la quantité ». Ses œuvres, à la fois collages et peintures, regroupent une accumulation hallucinante d’objets ou d’êtres, tantôt organisés selon un même thème (série des « Scapes », mot forgé à partir de l’anglais landscape, « paysage » ) tantôt cherchant à créer un violent contraste.
Dans ses tableaux, les allusions politiques et les prises de position anti-américaines sont très présentes, notamment au sujet de la guerre du Viêt-Nam (Good-Bye Vietnam [Au revoir Viêt-Nam], 1975) ou de la guerre du Golfe (Desert Storm [Tempête du désert], 1991), mais l’accumulation d’images disparates traduit plutôt l’idée d’une perte de sens irrémédiable dans un monde dominé par la consommation et l’information de masse. Selon Erró, accumulation ne signifie pas répétition : « Il y a tant d’images qui passent que ma liberté est formidable », affirme-t-il. L’absurdité du monde peut se traduire par l’élaboration de cette espèce d’encyclopédie iconographique, qui s’attaque aussi bien à des grands problèmes politiques et historiques (For Pol Pot (Tuol-Sleng S.21), 1993) qu’à la création d’un univers onirique fortement influencé par la bande dessinée (The Saga of the Silver Surfer [La Saga du Surfeur d’Argent], 1999).

Le Musée d’art contemporain de Lyon a organisé une grande rétrospective de l’artiste du 3 octobre 2014 au 22 février 2015, qui présentait plus de 500 œuvres d’Erró (collages, performances, films, aquarelles, peintures, dessins).

La collection

Erró (Gudmundur Gudmundsson, dit)

Big Tears for Two

1962

La collection

Erró (Gudmundur Gudmundsson, dit)

Les rats-cistes

1959-60

La collection

Erró (Gudmundur Gudmundsson, dit)

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imprimé le 24 août 2019 [19:32] depuis l'adresse IP : 18.232.124.77
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