Franck Scurti

Né en 1965 à Lyon (France)
Vit et travaille à Paris

Artiste français à la démarche conceptuelle, Franck Scurti est encore étudiant quand une de ses premières expositions, Plan B, est organisée dans les Galeries Contemporaines du Centre Pompidou en 1993. Franck Scurti présente régulièrement ses œuvres dans le cadre d’expositions personnelles, entre autres Café Erika à l’ENSBA à Brest (2001), Before and After au Palais de Tokyo à Paris (2002), What is Public Sculpture ? au Magasin, Centre national d’art contemporain, à Grenoble (2007) et Work of Chance au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg (2011). Il participe également à de très nombreuses expositions collectives depuis le début des années 90.

Les œuvres de Franck Scurti, souvent dérivées de notre univers quotidien et domestique mais aussi de l’espace urbain, font partie de ce qu’il appelle des «éléments déjà socialisés ». La réinterprétation consiste en des recompositions et en des décalages. Le spectateur plonge dans un monde connu, mais soumis aux déambulations de l’artiste, qu’il doit donc re-décoder. L’artiste utilise les matériaux les plus divers : métaux, tissus, cartons mais aussi vidéo ou photographie. L’axe essentiel de son travail est une réflexion sur l’objet, sur sa nature, son statut et son identité, dans les contextes sociaux, politiques et économiques du monde contemporain. L’artiste met en scène l’analogie et l’hybridation, travaillant à partir de fragments d’idéologie, restes d’un monde surcodé et saturé de signes et d’interprétations. « Dans la plupart de mes travaux, il y a l’agrandissement d’une forme que j’ajuste sur un objet à taille réelle et qui fonctionne comme gabarit. C’est la fusion de ces éléments qui donne à l’œuvre son unité… C’est la contrainte structurelle et non la clôture d’une forme aliénée à un thème. L’agrandissement d’une forme renvoie aussi au caractère public de sa réception1 ».
Les objets réalisés sont souvent utilisés comme des sortes d’appâts pour créer une proximité entre l’œuvre et le spectateur, qui est alors invité à « entrer » dans le dispositif présenté. Ainsi, les neuf éléments de Chairs (1994), tous réalisés à partir d’une pièce de métal plié, évoquent une version inconfortable des fauteuils dessinés à la fin des années 1960 par Vernon Panton et dont on devine à la forme et au matériau qu’ils sont l’agrandissement de couvercles à ouverture manuelle facile, typiques des boîtes et autres canettes contemporaines.
Franck Scurti utilise aussi souvent l’actualité, non pas tant comme source d’information ou pour produire un commentaire critique, mais comme un moyen de parler un langage commun : ainsi, l’installation Café Erika (2000), du nom du pétrolier échoué sur les côtes bretonnes, comprend ainsi une vidéo réalisée à partir de détails filmés d’un dessin de Plantu ; ou encore l’utilisation de La Linea, personnage d’Osvaldo Cavandoli, héros de courts dessins animés des années 1970, toujours à protester contre ses contemporains et en butte à de sempiternels tracas, que Scurti transpose sur fond de cotations boursières et d’indices de valeur. Quant à Street Credibility (1998), il s’agit d’une paire de chaussures que l’artiste recycle en gravant sur les semelles un plan de ville imaginaire, tandis que les lacets sur le couvercle de la boîte semblent dessiner des trajectoires.
Comme l’écrit François Piron, « Franck Scurti privilégie une réflexion qui se matérialise par des choix esthétiques et des enjeux formels articulant l’héritage de l’histoire de l’art avec les codes manipulés quotidiennement à l’échelle de la rue, en cherchant dans l’une comme dans l’autre ce qui fera langage… Ni architecte, ni designer, ni sociologue, il nie tout modèle social exogène et assume la condition d’artiste2 ».

La collection

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1992

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imprimé le 14 novembre 2018 [12:30] depuis l'adresse IP : 54.221.9.6
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